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Mardi 27 mars 2 27 /03 /Mars 14:53

Bonjour à tous les lecteurs de ce blog,

mon cinquième livre paraît ce 19 avril aux éditions de La Découverte. Son titre : COMMENT SORTIR DE LA RELIGION ? 

Après avoir beaucoup écrit sur l'islam, au point qu'on veut me considérer comme un "réformateur" de cette religion, j'ai voulu ici élargir ma réflexion. Pourquoi ? Parce que la question de l'avenir de l'islam me paraît solidaire d'une interrogation bien plus vaste qui concerne l'avenir de la religion en général. Comme je l'écrivais dans un article publié récemment par le journal Le Monde, s'il faut bien que l'islam se réinvente une culture spirituelle sur le matériau mort de ses traditions, il ne pourra pas le faire seul et pour lui seul : rien ne servirait aujourd'hui de vouloir instituer un "humanisme islamique" à côté d'un "humanisme occidental" ou d'un "humanisme bouddhiste". Si demain le XXIème siècle est spirituel, ce ne sera pas de façon séparée entre les différentes religions et visions du monde, mais sur la base d'une foi commune en l'homme. A trouver ensemble. Voilà pourquoi je ne souhaite plus limiter ma réflexion à l'islam, ni même penser simplement qu'il lui faudrait se réformer. Même si sa réforme est nécessaire et salutaire à court terme, pour qu'il se débarrasse de son dogmatisme et sorte de sa crispation traditionnaliste, cela ne suffira pas. Je crois qu'en tant que religion, et comme les autres religions historiques, il doit à présent laisser la place à de nouvelles formes de vie spirituelle.

C'est pour ébaucher une définition de ces formes, telles qu'on les voit se dessiner aujourd'hui sans toutefois arriver à les identifer comme telles, que j'ai écrit ce livre. Voilà pourquoi je quitte maintenant la question particulière de l'islam : pour l'intégrer dans une méditation plus vaste sur le devenir, et probablement la fin, de la religion en général. Ce livre est ainsi la première opportunité qui m'est donnée de "penser la religion" sans passer par la "porte islam". De ce fait, il s'adresse donc sans doute à un public plus étendu que les précédents.

Mais pourquoi ce titre ? Comment sortir de la religion ? Comme un nombre croissant de femmes et d'hommes aujourd'hui, je déplore que la civilisation contemporaine cherche à m'enfermer dans une alternative dont je ne veux pas : soit la religion, soit l'athéisme. D'un côté, je ne me satisfais pas du tout du matérialisme généralisé de nos sociétés, et j'aspire à donner à ma vie une véritable dimension spirituelle. Mais dans le même temps, j'ai l'intuition que les religions et les sagesses du passé ne sont plus adaptées, ni réellement adaptables, au temps présent. Je m'adresse donc d'abord ici à tous ceux qui, avec moi, ne se reconnaissent plus dans aucune tradition spirituelle et qui souhaitent pourtant spiritualiser leur vie. Vis-à-vis de ma religion d'origine, je me considère davantage comme un "héritier de l'islam" que comme un musulman, un héritier qui aurait recueilli l'inspiration d'un certain nombre de choses, tout en abandonnant la plupart des éléments du système religieux derrière lui. Mais cette situation intérieure est difficile à assumer, parce que nos sociétés actuelles ne laissent pas si facilement aux individus le choix de se définir de façon aussi personnelle : elles leur demandent de choisir entre religion ou athéisme - même à l'agnostique, celui qui doute, elle n'offre que la possibilité de balancer entre ces deux choix. Or il me semble que beaucoup déjà parmi nous ne veulent ni l'un ni l'autre, et s'ils veulent hésiter ils ne veulent pas le faire dans l'une ou l'autre de ces deux directions. D'une part, ils ont le sentiment que les religions, quelle qu'ait été leur grandeur et leur profondeur, ne correspondent plus au temps présent. D'autre part, ils ne veulent cependant plus d'une vie sans horizon supérieur à celui du confort matériel. Ils ont renoncé à la religion et à l'athéisme... et c'est alors un grand gouffre qui s'ouvre devant eux, parce que pour l'instant la civilisation humaine n'a rien inventé d'autre ! Ces consciences exigeantes ont secrètement l'intuition qu'il y a autre chose, mais pour l'heure elles se retrouvent ainsi sans issue, entre des religions périmées d'un côté et le vide spirituel du matérialisme de l'autre. Leur question - complètement ouverte - est finalement la suivante : comment spiritualiser sa vie, lui donner un sens, une valeur et une grandeur au moins aussi sublimes que ceux que les religions lui donnaient autrefois, et prétendent encore lui donner, mais totalement au-delà du religieux, et de façon plus adaptée au monde contemporain ?

Certes, il reste beaucoup de croyants comblés par leur foi. Il reste aussi beaucoup de matérialistes fiers de l'être. Il y a des croyants persuadés que leur religion contient les ressources nécessaires pour la vivre de façon tout à fait actuelle, et qui parviennent effectivement à illuminer leur vie grâce à elle. Il y a aussi des individus qui mettent leur vie au service d'une cause profane, politique, social ou humanitaire, et qui estiment que cela suffit à donner un sens profond à leur existence. Par conséquent, le désarroi spirituel dont je parle n'est pas généralisé. Les vieilles sacralisations et consécrations de la vie marchent encore. Toutefois, si elles parviennent encore à éclairer et soulever quelques existences, ce n'est plus avec la même force qu'autrefois, et ce n'est plus autour d'elles que nous pourrons demain faire société, tous ensemble à l'échelle planétaire. Par rapport à cela, il est possible que ceux d'entre nous qui ne veulent plus être athées ni croyants, qui ne croient plus que la "foi religieuse" et la "foi politique" suffisent, et qui cherchent désormais quelque chose par-delà religion et athéisme, il se pourrait donc que ceux-là soient une sorte d'avant-garde... Les premiers à avoir l'intuition que l'humanité a encore un avenir spirituel après la religion. 

Mais quel avenir ? Quel destin spirituel pour l'humanité par-delà religion et athéisme ? Quelle foi commune au-delà de la multitude des croyances historiques ? Je crois que nous sommes nombreux à avoir l'intuition que cette interrogation doit jouer bientôt un rôle capital pour l'orientation de nos sociétés, et qu'elle sera la clé de notre destinée collective. Même si on peut avoir l'impression que la marche et le gouvernement du monde se partageront encore, et se partageront toujours, entre l'action des croyants et celle des athées, ce ne sera peut-être plus le cas demain. Une autre force tente déjà de faire son apprition, que j'essaie d'identifier ici. Car d'un côté le matérialisme régnant apparaîtra comme de plus en plus insuffisant à bâtir une civilisation authentiquement humaine - comme aux siècles précédents, il y a eu des révolutions et des manifestations pour les droits politiques et sociaux de l'être humain, je ne serais pas surpris que demain des peuples se rassemblent et protestent pour avoir des droits spirituels d'un genre nouveau... De plus en plus d'êtres humains non religieux commencent pourtant à revendiquer que l'homme est fait pour quelque chose de plus sublime que la seule recherche de son bien-être - ils s'aperçoivent, ce faisant, que la technologie, la science, la politique et l'économie, qui s'occupent exclusivement de ce bien-être matériel et qui prétendent gouverner le monde, ne donneront jamais à nos sociétés un fondement assez profond. D'un autre côté, de plus en plus d'entre nous, pressentent que les époques religieuses sont irrévocablement terminées. Ce n'est pas de ce côté-là qu'il faut chercher, même si on peut avoir l'impression que c'est bien la religion qui est en train de faire actuellement son "grand retour" pour combler le vide spirituel ouvert par le matérialisme de notre époque. Or, je le répète, si ce refuge dans le religieux peut fonctionner à l'échelle de quelques existences individuelles et de quelques ilôts communautaires, jamais plus la religion ne pourra fonder spirituellement l'existence de peuples entiers - et encore moins de l'humanité qui aspire aujourd'hui à converger dans une foi commune. La religion ne redeviendra plus ce qu'elle a été, elle ne retrouvera plus jamais sa puissance, ni la fonction centrale qu'elle occupait dans le monde humain - son rôle polaire qui était sa raison d'être. Elle ne fait ici et là que de la résistance, elle permet à certains individus et certaines sociétés de se protéger un peu de la crise spirituelle de notre temps, et elle continuera à refuser de mourir tout le temps que nous tarderons à comprendre quelle forme de vie spirituelle doit venir la remplacer. 

C'est le grand échec de l'Occident moderne : depuis le XVIIIème siècle au moins, il a eu raison dengager le monde sur la voie de la sortie de la religion, mais il n'a rien trouvé qui puisse remplacer cette religion sur le plan spirituel. Il s'est donc conduit comme un guide ignorant, un prophète aveugle. Il a réussi à entraîner le monde dans ce processus, irréversible, malgré quelques apparences tenaces, mais dans le même temps il n'a proposé aucune alternative spirituelle digne de ce nom. Il fallait sans doute, et il faut sans doute toujours aujourd'hui, sortir de la religion. Elle a fait son temps - on le voit assez au caractère toujours plus figé, parodique ou dévitalisé de ses survivances. Mais il aurait fallu réussir à faire sortir le monde humain de la religion sans le déspiritualiser. Trouver une sortie de la religion qui fasse passer notre humanité au stade suivant de sa vocation spirituelle. Or à la place que s'est-il produit ? Une déspiritualisation accélérée du monde et l'avancée continuelle des sables d'un grand désert du sens. Même là où la religion s'est maintenue. Ce que l'Occident moderne a voulu imposer à l'humanité entière depuis trois siècles, à travers l'impérialisme de son modèle de civilisation, je l'ai appelé la porte du vide : c'est par la porte du vide spirituel qu'il a voulu faire sortir l'humanité de la religion. Comment s'étonner, à partir de là, que les autres civilisations aient tenté de résister ? Comment s'étonner que cette invitation à sombrer dans le néant existentiel ait provoqué parfois la pire des réactions, du côté islamique par exemple : la réactivation du religieux, le repli défensif et agressif dans le passé ?

La vraie nécessité inaugurée par la modernité était d'inventer une spiritualité nouvelle, de la voir se dessiner devant nous, de la reconnaître et de la proclamer. La pensée et la culture occidentales modernes qui donnent le ton du monde depuis plusieurs siècles en ont été incapables - quels que soient par ailleurs le prodige de leurs réalisations scientifiques et politiques notamment. On ne fabrique pas un monde pleinement humain seulement avec des machines et des gouvernements. On ne peut plus le fabriquer avec du sacré. A l'arrivée, c'est donc comme si nous étions "sortis de la religion pour rien", ou "sortis de la religion pour aller nulle part"... Comment s'étonner, dans ces conditions, que l'on assiste ce que certains appellent "le retour du religieux" ? C'est que la nature a horreur du vide : comme nous avons été jusqu'ici incapables de créer le sens spirituel qui nous appelait au seuil de la sortie de la religion, certains d'entre nous cédent à la tentation naturelle de revenir en arrière, de rentrer à nouveau dans la vieille maison du religieux - préférant croire qu'elle n'est pas détruite.

Dans ce livre, je montre qu'il est temps aujourd'hui de "désoccidentaliser la sortie de la religion", c'est-à-dire de la relever de son échec occidental. De la repnser de fond en comble. De la comprendre au-delà de ses modèles périmés : les concepts moribonds de "désenchantement du monde" (Max Weber) ou de "mort de Dieu" (Frederic Nietzsche). Rien de tout cela ne peut plus nous dire l'état et les besoins du monde. Que dire à la place et que reste-t-il à faire ? Apprendre à reconnaître ces formes sous lesquelles la vie spirituelle de l'homme a survécu à la décadence des religions. Apprendre à discerner dans tout un ensemble de phénomènes du présent le matériau tout à fait nouveau d'une vie spirituelle tout à fait nouvelle. Une nouvelle vie spirituelle attend en effet que nous la saisissions à travers une multitude de possibilités du temps présent... Lorsque nous aurons compris son principe, nous verrons alors à quel point il est facile de convertir ces possibilités du présent en cette vie spirituelle qu'elles recèlent encore sans le savoir. Je suis ici au seuil de la proposition majeure du livre que je vous présente : il essaie de dire quel est ce principe à partir duquel serait possible une nouvelle spiritualisation du monde et de la vie. Ce principe est celui de l'Homme Créateur - je n'en dis pas plus ici.

 Un ou deux mots encore. Deux images, plus précisément.

Si nous sortons de la religion, c'est peut-être qu'elle fut le ventre maternel dans lequel nous aurions été portés pendant des millénaires. La sortie de la religion est peut-être en réalité un enfantement, douloureux comme la plupart des enfantements. Et si les religions venaient... d'accoucher ? A quoi ressemblerait leur enfant ? Je développe souvent dans mes écrits cette image de la matrice religieuse, parce que je la crois très féconde. Très instructive pour essayer d'élucider ce qui nous arrive aujourd'hui, d'où nous venons dpeuis si longtemps et qui nous sommes devenus - nous qui ressemblons si peu, et de moins en moins à nos prédécesseurs, mais qui ne savons pas encore à quel point. Dans quelle mesure partageons-nous encore avec eux, et pour combien de temps, ce qu'ils nommaient la condition humaine ? Notre humanité est-elle encore soumise à cette condition ?

Une seconde image avant de vous laisser avec le livre, si ce que je dis ici vous en a donné la curiosité. Les religions se sont toujours présentées comme des chemins, des voies. or une voie n'est-elle pas faite pour conduire vers un but ? La sortie de la religion pourrait être ainsi, selon cette très vieille image, l'arrivée au but. Et si aujourd'hui nous étions arrivés au bout du chemin des religions ? Et si aujourd'hui nous étions arrivés là précisément où les voies religieuses conduisaient et s'effacent ? la sortie de la religion serait ainsi non pas l'ennemie de la religion, mais son sens même - sa direction et la révélation de sa signification. Et puis quelle surprise, ce ne serait pas dans l'au-delà, mais ici-bas que se trouverait le but... Mais alors, si tel était le cas, où serions-nous donc ? Dans quel lieu ? Quelle est donc cette nouvelle terre spirituelle où nous venons d'arriver au bout du chemin qui parcourait toute l'ancienne ? Quelle frontière avons-nous franchie ?

Et à quoi - je reprends ma première image - venons-nous de naître hors du ventre de la religion ? De naître une seconde fois, toute l'humanité ? C'est ce que ce livre tente de dire.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Abdennour Bidar 


Par Abdennour Bidar
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Mercredi 5 janvier 3 05 /01 /Jan 11:14

Chers amis,

juste un petit mot pour vous annoncer que mon quatrième livre vient de paraître. Son titre : L'islam face à la mort de Dieu, Actualité de Mohammed Iqbal (François Bourin Editeur, Paris, 2010). Il est disponible en libraire, et sur les sites de vente en ligne. Bonne lecture à chacun ! Voici le texte de sa quatrième de couverture : 

« Dans les débats autour de l'islam, les préjugés dominent. Les uns ne retiennent que l'image d'une religion archaïque défendant l'application stricte de la loi de Dieu. Les autres dénoncent l'islamophobie rampante d'un Occident angoissé par les métamorphoses du religieux. Mais les questions fondamentales ne sont pas posées : l'islam a-t-il les ressources pour se confronter à l'exigence moderne de liberté ? L'Occident contemporain est-il capable de faire place aux leçons de sagesse issues des grandes traditions spirituelles ? C'est l'interrogation ouverte, il y a plus d'un siècle, par le grand philosophe de l'islam Mohammed Iqbal (1873-1938). Père spirituel du Pakistan, ce philosophe, juriste et poète de l'islam d'Asie, qui a effectué un long séjour en Europe où il a rencontré Bergson et s'est senti profondément interpellé par Nietzsche, peut être considéré comme le " Luther de l'islam " : dés 1905 il donne à la religion de Mohammed la tâche de se confronter à l'annonce occidentale de la " mort de Dieu ". Aux croyants, il demande de prendre acte du fait que Dieu s'est éclipsé de notre monde et que personne ne peut plus s'autoriser de lui. Aux incroyants, il propose un chemin pour sortir de l'angoisse de la perte de sens. La voie du salut céleste et celle du bonheur terrestre peuvent être réconciliées si l'on apprend à voir Dieu comme la promesse de l'accomplissement de l'homme. En se livrant à une relecture approfondie de l'oeuvre d'Iqbal, Abdennour Bidar met au jour un nouvel humanisme, inspiré et surprenant, une sagesse universelle qui doit permettre à l'homme de demain de se réapproprier la puissance anciennement dévolue aux dieux » (Quatrième de couverture)


Par Abdennour Bidar
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Samedi 13 novembre 6 13 /11 /Nov 09:07

Chers lecteurs de ce blog,

je donne très peu de conférences et on me dit souvent que je devrais en donner plus ! En voici une, cette semaine qui arrive : je serai mercredi et jeudi (17 et 18 novembre) à Paris pour participer au colloque que l'Unesco m'a demandé d'organiser sur la pensée du grand poète et philosophe Mohammed Iqbal. Je présenterai les interventions des différents conférenciers, et j'interviendrai moi-même en début d'après-midi du 17. Je ferai également une dédicace de mes livres l'après-midi du 18. La manifestation a lieu au 125 rue de Suffren, Siège de l'Unesco.

Voici le programme complet :

Mercredi 17 :

matinée à partir de 9h45 :

deux interventions de Leili Anvar (Maître de conférences à l'Inalco) - présentation du Livre de l'éternité, un des ouvrages majeurs d'Iqbalet lecture de poèmes de Mohammed Iqbal

après-midi à partir de 14h :

 intervention de Abdennour Bidar (philosophe, écrivain) - présentation de mon livre paru en septembre sur Mohammed Iqbal (L'islam face à la mort de Dieu, Actualité de Mohammed Iqbal, François Bourin Editeur)

intervention de Kaïs Hammami (Chercheur associé au Lipsor-Cnam) - Iqbal le prospectiviste : une interrogation sur le rapport de l'islam au passé et à l'avenir

Jeudi 17 :

matinée à partir de 10h30 :

intervention de Antoine Sfeir (Directeur des Cahiers de l'Orient) : Mohammed Iqbal, une voie autre vers l'Autre

intervention de Souleymane Bachir Diagne (Professeur de philosophie islamique à l'Université de Columbia, NY) : Iqbal et Bergson

J'essaierai de prendre à cette occasion, dans la mesure du possible, le temps de dialoguer avec chacun de ceux qui voudraient prendre contact et échanger un peu avec moi,

Très cordialement à tous,

Abdennour Bidar 

 

Par Abdennour Bidar
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Mardi 23 février 2 23 /02 /Fév 11:11
Chers amis,

je réalise qu'il est de plus en plus difficile pour moi de répondre à chacun, et que le courrier s'accumule. Je vous prie donc de m'excuser pour cela et je remercie notamment chaleureusement tous ceux qui m'écrivent pour m'encourager à poursuivre mon travail d'approfondissement, et de clarification des questions relatives à l'islam et plus généralement à l'évolution profonde du rapport de l'homme contemporain au sacré. Depuis le printemps dernier, je suis mobilisé par l'écriture d'un livre sur la pensée de Mohammed Iqbal - le connaissez-vous ? - qui me prend beaucoup de temps en plus de mon enseignement en classes préparatoires. Plusieurs articles, parus ou à paraître, m'ont aussi demandé énormément de travail : un article pour la revue Esprit et un autre pour la revue Etudes à l'automne, puis un autre, à paraître cette fois au mois d'avril, pour la revue Diogène de l'Unesco. Si vous pouvez vous procurer l'article d'Etudes, notamment, n'hésitez pas, j'y suis particulièrement attaché. Il s'intitule "Comment sacraliser nos vies ?" J'essaie de répondre aussi régulièrement à certaines sollicitations des médias, articles, débats, etc. Récemment un article que j'ai publié dans Le Monde sur la burqa (édition du 24-25 janvier 2010) a été très commenté. Mais il y a aussi des sollicitations auxquelles je ne donne pas suite, car on me pose toujours les mêmes questions... et je trouve qu'on en fait un peu trop sur certains sujets d'actualité finalement pas si importants que ça. Et délaissant cette "écume des jours", je retrouve alors avec délice les questions philosophiques et spirituelles de fond sur la destinée de l'homme que pose Mohammed Iqbal.

Très cordialement à tous, et à chacun, 
Abdennour Bidar  
Par Abdennour Bidar
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Mercredi 9 septembre 3 09 /09 /Sep 18:06
Chers amis, visiteurs de ce blog,
pardonnez-moi : très accaparé depuis la rentrée, je n'ai pas encore trouvé le temps de répondre à vos derniers messages. Dès que je suis un peu plus libre, je m'y mets !
Bien à vous,
Abdennour Bidar
Par Abdennour Bidar
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Jeudi 14 mai 4 14 /05 /Mai 15:40
Chers amis qui m'écrivez,
tout d'abord pardonnez-moi, je n'ai pas répondu à vos derniers messages : ces derniers temps, j'ai été très occupé... toujours en déplacement, invité ici et là à parler de l'islam, de tous les mouvements qui le mettent aujourd'hui en effeverscence. Décidément, le sujet est devenu une préoccupation de premier plan, dans toutes ses dimensions, politique, sociale, mais aussi religieux, théologique, spirituel. Comme si la plupart des grandes questions contemporaines trouvaient là un point de cristallisation particulièrement important. Comme si le destin de l'islam était aujourd'hui décisif - pas à lui seul, bien entendu, mais pour une part importante - pour le destin de notre humanité ! 
Or depuis des mois et des mois, partout où je vais, des musulmanes et des musulmans, mais aussi des non-musulmans, me disent : "Continuez !" "faites-vous entendre !" Ils m'encouragent à faire porter plus loin cette voix d'un rapport nouveau, libre, personnel, à la culture islamique. Et ils me disent aussi de ne pas me décourager... De telle façon qu'il est clair pour moi - désormais - que nous sommes nombreux à partager une sensibilité sur laquelle je me suis contenté de mettre des mots clairs, à travers mon "métier" de philosophe.
C'est pourquoi j'ai souhaité rédiger une Charte, la Charte des Héritiers de l'Islam. J'invite - de tout coeur - tous ceux qui le souhaitent à la lire et à se l'approprier. Qu'elle quitte mes mains et qu'elle devienne vôtre ! Je vous invite à la signer, à vous y présenter, à dire porquoi vous y adhérez. Pourquoi ? Pour montrer à tous ceux qui ont besoin d'en être convaincus que l'islam peut aussi être cela, c'est-à-dire une culture vivante, libre, en mouvement, heureuse, personnelle, capable de créativité, de nouveauté, de partage !
Et surtout, surtout, pour nous montrer à nous-mêmes que nous sommes en réalité très nombreux à vivre notre culture islamique de la façon la plus actuelle en rupture avec les pesanteurs du passé !
J'ai voulu là arrêter de dire "Je" et commencer à dire "Nous",
Rejoignez-nous !
Faites passer l'info à tous vos contacts ! Créez le Buzz !!

Salam à tous,
Abdennour Bidar   
Par Abdennour Bidar
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Jeudi 14 mai 4 14 /05 /Mai 15:36

Les Héritiers de l’Islam

Nous nous donnons le nom d’Héritiers de l’Islam, et nous parlons de l’Islam des Héritiers. Par cette appellation, nous entendons la communauté ouverte de tous ceux qui veulent s’unir parce qu’ils considèrent comme leur responsabilité de trouver pour la culture islamique des formes adaptées au temps présent et tournées vers l’avenir.

Nous, Héritiers de l’Islam, avons reçu notre culture en héritage comme une terre où toutes les constructions anciennes s’effondrent, et sur laquelle il faut reconstruire quelque chose d’entièrement nouveau.

Nous, Héritiers de l’islam, ne voulont pas vivre plus longtemps dans des ruines, ni rester prisonniers des décombres du passé.

Nous  souhaitons nous rassembler, penser et agir selon Quatre Principes :

        1-Un principe de liberté : nous revendiquons le droit, qui doit être en même temps un véritable devoir, pour chaque personne de culture islamique de trouver et de vivre librement son rapport à cette culture. Nous voulons que cette liberté personnelle n’ait plus peur de s’affirmer – qu’elle soit reconnue à chacun comme son droit légitime, spirituel et moral le plus inaliénable. Nous considérons comme illégitime toute prétention de quiconque, institution ou individu, Etat ou parenté, société ou dignitaire religieux, à imposer une vision de l’islam, ou bien à imposer quoi que ce soit au nom de l’islam, ou bien encore à s’ériger en autorité islamique.

Chaque femme et chaque homme de culture islamique doit être laissé entièrement libre et responsable de la construction de son identité.

La communauté islamique (Oumma) doit devenir une communauté sans jugement ni contrainte, ouverte à l’expression de sa propre diversité.

        2-Un principe de rupture : nous rejetons tout ce qui dans l’islam historique relève de sa dégénérescence – que ce soit la contrainte en matière de religion ou de coutumes, le taqlid* ou la perte de l’esprit critique. Nous condamnons tout ce qui soi-disant au nom de l’islam s’oppose au respect de la dignité humaine, à l’égalité des sexes, à la tolérance, à l’expression de la diversité des points de vue et des sources de la connaissance, à la liberté personnelle de conscience, de réflexion et d’action. Nous dénonçons comme contraires à l’esprit de notre culture tout discours de haine, ainsi que toute violence, physique ou morale, exercée soi-disant au nom de la défense de l’islam.

*taqlid : soumission aux habitudes, coutumes, obéissance passive à la tradition

La culture islamique doit faire son auto-critique jusqu’à ce qu’elle devienne synonyme de paix, de réflexion, de liberté et d’ouverture à l’autre.

        3-Un principe de créativité : nous affirmons la nécessité et l’urgence pour la culture islamique de sortir de la répétition et de l’immobilisme, pour retrouver son dynamisme passé. Pour remobiliser la créativité de chacun. Pour se réinventer et se diversifier selon des formes propres au temps présent. Pour se nourrir d’une relation de fécondation mutuelle avec toutes les autres cultures. Pour se réinventer comme religion, par l’ijtihad* accordé comme droit à chaque croyant, mais aussi par la production de pensées philosophiques, d’oeuvres littéraires et artistiques, et plus généralement à travers des projets, des rêves, des ambitions multiples.

*ijtihad : effort d’interprétation personelle, usage de son propre jugement dans la conduite de sa vie spirituelle

La culture islamique doit redevenir une matrice majeure du génie créateur de l’homme.

        4-Un principe d’humanité : nous estimons que le temps où chaque civilisation pouvait vivre de façon séparée et auto-suffisante est terminé. Et par conséquent que notre tâche essentielle est de faire contribuer la culture islamique à la constitution d’un humanisme universel, capable de mobiliser et de rassembler tous les peuples de la terre dans un projet de civilisation unique, tawhid* de demain : unifier les forces spirituelles et matérielles de la civilisation dans le but éthique d’aider chaque être humain à accomplir ses possibilités les plus hautes.

*tawhid : unicité de Dieu, au sens originel, et au sens large principe d’unité ou d’unification.

Le monde musulman doit entrer dans un projet de civilisation global au service de la réalisation de soi de l’être humain – selon le principe que “l’homme véritable est encore à venir”.

 

Nous nous engageons à penser et vivre selon ces quatre principes, ainsi qu’à oeuvrer pour leur développement.

Nous le faisons par responsabilité, pour faire entendre un islam actuel et dynamique, capable d’auto-critique et de renouvellement.

Nous affirmons notre indépendance totale vis-à-vis de toute organisation déjà existante.

Nous invitons tous ceux qui souhaitent solliciter notre réflexion à nous consulter par le biais de ce blog.

Si vous vous reconnaissez dans ces principes et cette démarche, rejoignez-nous, aidez-nous à manifester notre existence, votre existence ! Associez-vous à cette responsabilité partagée de construire une Renaissance de la culture islamique en ajoutant votre nom et les raisons de votre adhésion à notre Liste des membres des Héritiers de l’islam :

Abdennour Bidar, philosophe, rédacteur de cette Charte des Héritiers

Salam, paix à tous, qui que vous soyez. J’ai écrit cette Charte parce que depuis des années je travaille à proposer une autre vision de l’islam. Et toujours certains me répètent : « Vous êtes le seul à penser comme ça, vous rêvez, l’islam ne changera pas, il restera un bloc figé de traditions ». Or peu à peu, je me suis rendu compte que nous étions en fait très nombreux à nous retrouver sur des idées de liberté, de tolérance, de changement. Très nombreux, mais très isolés. Très nombreux, mais silencieux. C’est pour donner une voix et un espace commun de reconnaissance à cette liberté que j’ai rédigé cette Charte, comme un appel au rassemblement de toutes les bonnes volontés, de toutes les énergies, de toutes les intelligences au service d’une Renaissance de la culture islamique. 

 

Par Abdennour Bidar
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Mardi 10 mars 2 10 /03 /Mars 18:42

Chers amis,
pardonnez-moi tout d'abord de ne pas faire vivre davantage ce blog, je suis généralement suroccupé, comme beaucoup d'entre vous j'imagine - dure condition de l'homme moderne, toujours pressé, stressé ! Juste une petite information : ce mois-ci, Philosophie magazine publie un entretien entre Eric-Emmanuel Schmitt et moi, dans lequel il a eu la gentillesse de bien vouloir discuter des propositions que je fais dans L'islam sans soumission. Notre dialogue a été passionnant, et je voudrais ici l'en remercier publiquement, ainsi que Martin Legros, le philosophe et journaliste qui nous a réunis cet après-midi-là à Bruxelles. Autre info : normalement (mais je n'ai pas vérifié), Le monde des religions publie ce mois-ci également un article que j'ai écrit sur la question de Dieu pour les philosophes musulmans. Voilà, bonne lecture à tous, à bientôt... et si vous trouvez que je ne réagis pas assez sur mon blog, n'hésitez pas à m'en faire le reproche ! De même, si vous souhaitez que je prenne position sur tel ou tel point particulier concernant les questions relatives à l'islam, n'hésitez pas à me le demander - je vous promets de faire de mon mieux pour répondre et écrire !

Merci à tous, Salam,

Abdennour

Par Abdennour Bidar
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Dimanche 19 octobre 7 19 /10 /Oct 11:40

L'islam sans soumission
(Albin Michel, collection "L'islam des Lumières"),
sortie le 16 octobre 2008.
Très bonne lecture à tous !

 

Par Abdennour Bidar
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Dimanche 19 octobre 7 19 /10 /Oct 11:37
Femmes et hommes de conviction,
sortie le 16 octobre 2008.
Bonne lecture à tous, n'hésitez pas à me faire part de vos réactions sur le blog - je suis un peu en retard pour répondre parfois, à cause de mes occupations/sollicitations, pardonnez-moi.
ps : sur la photo, je suis en bas, le deuxième en partant de la droite, à côté de Xavier Emmanuelli, quel honneur !
Par Abdennour Bidar
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